L'écritoire d'Aranna
La Dernière Cour n'est plus. Des extraits, des textes plus ou moins structurés. Des ébauches, des promesses qui serviront un jour, peut-être. Rien à voir avec un blog et pourtant... * Copyright : tous les textes sont la propriété d'Aranna, il est interdit de les reproduire, même partiellement. Les textes ne sont pas libre de droit. *
Portraits de femmes, posté par Aranna le 28-04-2008 à 17:21
Arcane XXVI - Fanatique
Il lui sembla un moment apercevoir sur son visage cette ombre fugace qui désigne la dévotion ou l'amour inconditionnel.
Quelque chose de semblable à la ferveur du soldat mettant genou à terre devant son capitaine et Eadha ne pût s'empêcher d'y voir un mauvais présage, reconnaissant dans les traits de Thorn les germes du fanastisme des amants et des fous. Il ne faisait aucun doute, songea-t'il encore, que le Vieux avait fort bien choisi sa reine.
S'il y avait bien une chose que les années écoulées lui avaient appris, c'était bien que réunir en un même lieu des femmes au caractère affirmé était une sottise monumentale. Ces dernières ayant en effet la fâcheuse habitude, soit de s'allier, envers et contre tous, surtout contre vous. Soit c'était la débâcle, et des luttes de pouvoir à n'en plus finir.
Malheureusement, soit Le Vieux et Steel ne s'en étaient pas rendu compte, et ca n'était pas de bon augure. Soit ils en étaient parfaitement conscient, et c'était encore pire.
Ajnar était bornée, violente et excessive.
Thorn, fanatique, taciturne et amoureuse.
Foalsey était insaisissable, changeante et rancunière.
"Avec tout, -il leva les yeux au ciel- comment voulez-vous qu'on ne courre pas à la catastrophe."
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About, posté par Aranna le 31-03-2008 à 01:15
A propos d'Arcane XXVI
Savoir ce que je vais en faire, that's the question. Ca n'était pas prévu au départ.
Steel devait être un personnage détestable, y compris pour moi-même. En fin de compte, je me rend compte qu'il m'est plutôt sympathique. Steel n'a pas eu le choix. Il est le choix, mais il ne choisit rien en définitive. Qu'en fait, plus j'écris sur ce personnage, plus j'ai de l'affection pour ce qu'il représente, que je comprend le double dilemme dont il est porteur. Steel est la clé. J'ai pas fait exprès. En tout cas, son destin est scellé et il y a peu de chances que je revienne dessus. Le non-humain trop humain.
Que le Vieux reste le Vieux. Enigmatique, qu'il ne me dit pas grand chose. Mais que je recommence à rêver de lui, mais il est mort. Que je pioche dans de vieux rêves pour écrire certains passages. Aucun mérite à le décrire lui, puisque je le connais pour de bon. Et pour cette raison, je n'arrive pas à en dire grand chose, peur de me tromper, peur de trahir.
Qu'Ajnar est un personnage fermé, comme un poing tendu, un cri de rage. Aucune illusion d'elle sur son existence, ni moi sur son évolution (quoique...). Qu'Ajnar est de toutes façons mourante et qu'elle est un faux prétexte.
Que Thorn est bornée, têtue, que c'est une fanatique. Qu'elle ira contre le mur, parce qu'il faut bien y aller. Parce que ça ou autre chose. Que je ne sais pas encore ce qu'elle fout dans ce micmac. Thorn est cinglée. Brisée, en miette. Et folle d'amour pour toutes sortes d'humanités improbables.
Qu'Eadha est une clé. Un passage. Qu'Eadha connait la trajectoire des autres, comme des étoiles filantes.
Shein ? Je ne vois pas quoi en dire. Shein est shein, un pivot, un œil. Une pensée. Mais qu'il n'entre pas dans le nœud de vipères -pas pour le moment-.
Les Jumelles... ah oui. Parallèles au Vieux les Jumelles. Mercy. Fortuna. Restent à présenter leur origine, leur création.
Que tous ces gens ont été pris au piège. Trouvé le pourquoi de l'Ordalie. Son fonctionnement. En y repensant, c'était tellement évident que ca vallait pas la peine que je me casse la tête.
M'ouais, me reste plus qu'à continuer à écrire tout ça et à en publier des morceaux.
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(avant la fin), posté par Aranna le 22-03-2008 à 01:06
Arcane XXVI - Beyond the gates
Ecrit sur Sacred Ancestor's Chant - Lisa Thiel * même si la vidéo est hyper moche *
« Mais moi ça m’est bien égal, dit Thorn. Vous pouvez me dire tout ce que vous voudrez, vous pouvez bien me dire que c’est une folie, vous pourriez être tous contre moi, ça n’aurait aucune importance. Je ferai comme bon me semble, peu m’importe que vous me pensiez folle, déraisonnable, que vous pensiez que je courre après une chimère. J’irais quand même. »
« Thorn je t’en prie, pousse toi. Ne m’oblige pas à te tuer. S’il te plait. Après tout, qu’est-il pour toi ? Rien. Absolument rien. Thorn je t’en prie, sois raisonnable. Je sais que tu détestes ce mot, mais je l’emploi quand même. Je te le dis une dernière fois Thorn, écarte toi, laisse moi passer. »
« Jamais. » dit Thorn.
« Alors comprend que tu ne me laisse pas le choix. »
« Je refuse de le comprendre. Et je ne me pousserai pas, je te l’ai déjà dit. Tes raisons ne sont pas mes raisons. »
« Tu es folle Thorn, folle. C’est ce que tu veux ? Que je te tue ? C’est facile de dire non, de refuser. Qu’est-ce que tu cherches ? A mourir ? Tu t’imagines que ça va l’aider ? Pousse-toi, pour l’amour du ciel, pousse toi. Tu ne l’aides en rien en restant plantée ici, têtue, bornée que tu es. Prouve moi que tu veux vraiment le défendre, attaque moi. Vas-y, prend ma barre de métal, vas-y. »
« Non. Je ne t’attaquerai pas. Mais si toi tu le fais, je te jure que je me défendrai. C’est à toi de voir. »
« Je ne peux pas, tu comprends, je ne peux pas non plus te laisser là, juste pour le plaisir. Tu as tes raisons, et moi j’ai les miennes. Si tu refuses de me comprendre, pourquoi devrais-je faire un effort ? Tu défend ton camps, et moi le mien. Le hasard, ou plutôt un non hasard a voulu que ceux dont nous portons les couleurs en arrivent à s’affronter. Tant pis pour eux, tant pis pour nous. Mais tu n’as pas le droit de me demander de renoncer. »
Thorn émit un ricanement grinçant, qui ressemblait à moitié à un gémissement.
« Je n’ouvrirai pas le bal, et tu le sais. Vas-y, frappe, mais frappe fort et frappe juste, parce que moi, je ne te laisserai pas une seconde chance. Dépêche toi, tu perds du temps, et malheureusement pour toi, du temps, ton seigneur n’en a pas. Dans tous les cas, toi comme moi avons déjà perdu. Tout ce qu’il nous reste, c’est décider de quelle manière dont nous allons agir. Alors choisis, mais choisis vite. »
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His Laments, posté par Aranna le 13-03-2008 à 11:51
Arcane XVI - Old Memories
Fermant les yeux, il sentit d’anciens souvenirs affleurer la surface de son esprit. Des souvenirs presque aussi vieux que lui, et pourtant toujours vivants, encore palpitants, comme un cœur à peine arraché.
Il revit comme si c’était hier le paysage brumeux, indistinct. La nuit noire tendue sur la fête, parsemée de milliers d’étoiles, les vent dans les arbres, le feu de Beltaine brûler haut et claire au centre du minuscule village. Il entendait encore les voix des femmes et les voix des hommes chanter, il pouvait les voir sauter par-dessus le feu. Il entendait les tambours gronder, les cris de joie.
C’avait été une époque heureuse, pour sûr. Mercy et Fortuna, qui n’étaient pas encore jumelles, et que l’on n’appelait pas encore comme ça, avaient trouvé le moyen de s’incarner à peu près au même moment au même endroit. Fortuna était un peu plus vieille que Mercy, et dans cette vie là, ni l’une ni l’autre n’avait conscience que leurs existences étaient liées. Elles étaient simplement deux amies, deux voisines qui avaient battu la lande et travaillé ensemble depuis leur plus jeune âge. Elles en étaient pour l’heure parfaitement heureuse. Il avait appris beaucoup plus tard la véritable identité de ces deux fillettes, et pour tout dire, cela lui avait fait un sacré choc. Il ne s’en souvenait donc que comme deux enfants parfaitement ordinaires.
Lui-même n’était qu’un jeune homme, ignorant encore tout ce qui allait suivre. Qu’il ne mourrait pas comme les hommes ordinaires, puisqu’il n’en était pas un. A moins qu’il n’en ai été un, mais un homme qu’une rencontre en apparence anodine allait ravir à jamais au monde et à l’insouciance.
Contrairement aux autres, il avait gardé son nom. Eadha. Voilà qui sonnait étrangement pour l’époque actuelle, et personne ne le prononçait jamais correctement, mais il était la dernière preuve aussi ténue fusse t'elle, qu’il avait été un jour, mortel, vivant, vulnérable et humain.
Ecrit sur : Toss the Feathers - Cherish the Ladies
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Sword, Stone, Steel, posté par Aranna le 02-03-2008 à 18:35
Arcane XXVI - Au commencement étaient le Sabre et la Pierre
Aux premiers temps du monde, quand tout n’était encore que chant et sommeil, l’histoire raconte que Stone et Sword étaient là, premiers-nés, destinés à régir la vie des hommes, la façonnant entre leurs mains.
Sword, l’aîné, leurs insufflait le premier souffle, le sens de l’existence, la créant du bout des doigts, engendrant les possibles. Il était le Premier, le Conquérant, l’Epée.
Stone, le cadet, modelait entre ses paumes la glaise de leurs êtres, le chant de leurs âmes. Les libérant ou les liant à sa guise. Stone était la Pierre, l’Immuable, la Stase. Et de son règne dépendait le chemin des hommes, et ce que ces derniers nommaient tour à tour hasard, coïncidence ou volonté des Dieux.
Il aurait pu en aller ainsi l’éternité durant, mais les choses étant ce qu’elles sont, même dans les terres des Immortels rien ne durent éternellement. La vie des hommes s’effilochait impitoyablement, mais rien ne venait y mettre un terme, et en vérité, c’était pitié de voir leurs corps se traîner inlassablement sans repos ni espérance. Il aurait fallût quelqu’un pour y remédier.
« Ce ne sont pas nos affaires, dirent les Dieux. Nous avons créé pour cela Stone et Sword. Le reste ne nous regarde pas. »
« Telle tâche n’est pas de mon ressort dit Sword. Je suis celui qui créé, le Donneur de vie, le Fileur. Et par voie de fait, je refuse de mettre fin à mes œuvres. »
« Je ne suis pas l’homme de la situation dit Stone, imperturbable. Je suis les coups du sort, le jet de dés, les nœuds du destin, le Tissage subtil. Mettre fin aux possibles n’est pas en mon pouvoir. »
Il fallait cependant trouver quelqu’un. Mais personne, dieux, mortels ou immortels, ne voulait se charger d’une telle tâche.
Il fût créé un enfant, un enfant plus pur que la nuit, et plus terrible que l’orage, un enfant dont le premier nom dort dans le souvenir du monde, et cet enfant la devait être plus seul que ne le serait jamais aucune autre création. Un enfant destiné à abréger le destin des hommes. Un être inexorable qui ne cèderait jamais, que ce soit devant plus suave des femmes, la plus éplorée des mères, la plus pieuse des jeunes filles. Un être qui ne reculerait devant rien, et qui ne connaîtrait jamais le doux sommeil de la fin, et la paix de l’oubli.
Ainsi naquit Steel, et seul certains savent, comme les Jumelles, comme le Vieux, que dans les premiers temps du monde, Steel était une femme. Et pour cela, Stone et Sword la méprisèrent toujours.
Ecrit sur : The Well - Omnia
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